Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire

22 juin 2020

« Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »

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Texte de l’homélie :

Chrétiens mes frères,
Cher Paul qui vas recevoir pour la première fois Jésus-Eucharistie,
Chers jeunes qui allez recevoir le Sacrement de la Confirmation,

Les lectures de ce douzième dimanche du temps ordinaire éclairent la grande grâce que vous allez recevoir dans quelques minutes. Vous allez recevoir en plénitude le Saint-Esprit, l’amour en sa source, l’amour incréé, puisque Dieu est amour et qu’Il nous fait participer à Sa propre vie.

Dieu Ce donne à nous pour que nous puissions ressembler au Seigneur Jésus Lui-même, vrai Dieu et vrai homme. Et Celui qui façonne en nous cette ressemblance, Celui qui intercède pour nous, Celui qui nous soutient dans notre faiblesse et nous pardonne nos péchés, celui qui nous rend vainqueur dans tous les combats de la vie, même lorsqu’il faut tirer jusqu’à sa dernière cartouche - comme à Bazeilles1, celui qui nous donne d’être fidèle à la parole donnée, aux serments prononcés - comme à Koufra2, Celui qui nous donne de rassurer les apeurés et de raffermir les découragés, comme le fit Sainte Geneviève à Paris3 face à l’envahisseur barbare, c’est le Saint-Esprit.

Jésus a promis à Ses disciples de leur envoyer un Défenseur, qui doit les conduire, qui doit nous conduire jusqu’à la vérité tout entière. La sainteté, ce n’est rien d’autre que d’être fidèle à la présence en nos cœurs du St-Esprit.
Priez Le tous les matins pour qu’Il vous éclaire et vous protège, qu’Il vous fasse grandir dans l’amour de Dieu, qu’Il vous encourage dans la lutte contre vos défauts et contre vos péchés. Qu’Il vous donne d’accomplir toujours la volonté de Dieu, de vivre l’Évangile, d’obéir à l’Église lorsqu’Elle nous enseigne avec l’autorité même du Christ.

Jésus promet le Saint Esprit alors qu’Il s’apprête Lui-même à donner Sa vie sur la croix.
Nous aussi, à sa suite, nous avons à combattre.

Notre première lecture nous parle des souffrances et des persécutions qu’a dû subir le prophète Jérémie à cause de sa fidélité à la loi du Seigneur, à un moment de perversion et de désordres très grands dans le peuple d’Israël.
Vous avez lu et médité toute cette année le Livre des Actes des Apôtres et vous avez aussi découvert combien saint Pierre, saint Jean, saint Jacques, saint Étienne, saint Paul, saint Barnabé ont dû souffrir pour annoncer l’Évangile et témoigner du Christ. Mais ils ont toujours gardé la joie, la paix, la sérénité parce qu’ils savaient que Dieu ne les abandonnait pas.
Ils avaient en eux la plénitude du Saint-Esprit, la certitude de la présence du Christ ressuscité à leurs côtés, ce que nous appelons la Foi.
Ils savaient que rien ne pouvait les séparer de l’amour de Jésus et que la vie éternelle les attendait comme récompense de leur fidélité et de leur persévérance, et c’est ce que nous appelons l’Espérance.
Ils ont lutté contre leur égoïsme, leur peur, leur petit confort, en bons soldats du Christ, pour annoncer à tous l’Évangile du salut, pour célébrer les sacrements de la foi, pour communiquer à chacun la joie du pardon et de la vie divine, et c’est ce que nous appelons la Charité.
Jésus déclare dans l’Évangile :

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux »

Le Saint Esprit fait de vous, mes chers amis, non seulement les soldats, mais aussi les témoins et les missionnaires du Christ. Certains d’entre vous s’apprêtent à aller au bout du monde, à traverser les mers et les océans, par la grâce de la DRHAT. On ne choisit pas sa destination mais soyez persuadés que là où vous êtes, là où Dieu vous envoie, le Saint-Esprit vous précède et vous attend pour que vous puissiez remplir au mieux votre mission et ainsi sauver vos âmes.
Jésus nous dit encore : rien de ce qui nous arrive n’échappe à l’autorité et à la puissance de Dieu et Il est présent dans tous nos combats.

Vous l’aurez bien compris, la plénitude du don de Dieu, ne vous préservera pas des difficultés de toute vie humaine. Elle ne vous préservera pas d’avoir des chefs bornés ou des subordonnés indociles ou incompétents. À vous, avec l’aide du Saint Esprit, mettant toute votre confiance en Dieu, développant votre intelligence pratique et vos capacités morales à tirer le meilleur parti de toutes ces situations médiocres, voire parfois désastreuses.
Vous pourrez alors dire comme ce grand chrétien qu’était le Général Philippe Leclerc :

« Ne me dites pas que c’est impossible. »

Rien n’est impossible à celui qui à en lui le Saint-Esprit. Et une actualité plus récente nous a offert aussi en exemple le Colonel Arnaud Beltrame, lui qui, comme l’a reconnu son chef au lendemain de son geste héroïque, n’a peut-être pas appliqué la procédure, mais il a fait mieux : il a respecté son serment de protéger ses compatriotes au péril de sa propre vie s’il le faut. Et ce faisant il a sauvé une vie, sans doute même plusieurs.

Mes chers Amis confirmands, vous ne serez peut-être pas appelés à ce même héroïsme mais vous aurez aussi à votre tour, comme le font quotidiennement vos parents, à vous donner, à vous dévouer, à être fidèles au Saint-Esprit.
C’est Lui qui vous donnera de rester éternellement jeune, d’être généreux et courageux, de lutter contre le découragement, l’aigreur, la médiocrité, l’impureté et l’égoïsme. Bref, d’être des chrétiens.

Que Marie Immaculée protège en vous la grâce qui vous est faite et vous garde dans la joie de Son Magnificat jusqu’en la vie éternelle,

Amen !

1 Combat héroïque mené dans les Ardennes contre l’envahisseur prussien en septembre 1870 par les Marsouins des Troupes de Marine.

2 Le 2 mars 1941, après la victoire de Koufra, le Colonel Philippe de Hautecloque, dit Leclerc, fit promettre aux Troupes de Marine placées sous ses ordres, de ne déposer les armes que lorsque le drapeau français flottera de nouveau sur la cathédrale de Strasbourg.

3 Sainte Geneviève est la patronne des Gendarmes de France.


Références des lectures du jour :

  • Livre de Jérémie 20,10-13.
  • Psaume 69(68),8-10.14.17.33-35.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12-15.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,26-33 :

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres :
« Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »